Autre ville inspiratrice des romantiques : Venise. Cette musique demande également à être ré-entendue. En attendant que les Musiciens d’Europe aient la possibilité d’en assurer une ré-écoute actuelle, voici le libretto transcrit en allemand moderne et sa traduction, grâce au travail de Matthieu Denni, que je remercie ici chaleureusement.

Ce troisième opéra de Franz Curti (1895) fut écrit sur un livret de Margareta Vollhardt-Wittich, amie d’ Eugénie von Bötticher l’épouse de Franz. Margareta fut une fidèle collaboratrice du compositeur pour ses deux premiers opéras, également autrice de divers Lieder. L’oeuvre est dédicacée au maître de chapelle de la cour de Mannheim, Hugo Röhr, donc la création eut lieu le 3 novembre 1893 au Hoftheater de cette ville. L’opéra fut repris le 7 novembre puis en 1894, toujours à Mannheim puis, semble-t-il, au printemps 1895. Il me reste à trouver les traces des représentations suivantes.

L’opéra est en 1 acte. Il fut édité par Ed. Bock, Leipzig, succ. J. Günther, Dresden.

Deux contrastes s’affrontent dans cet opéra. La plus grande joie d’un couple heureux qui vient de se marier et le désespoir d’une pauvre femme souffrante.

L’action se situe à Venise à la fin du 18ème siècle. Un couple élégant, Paolo et Agata, fête son mariage au milieu de nombreux convives. Mais la mariée se fait du souci durant la fête parce qu’elle sait que la première épouse de son mari a perdu leur enfant et en est devenue folle. Elle séjourna sur une île proche, San Servolo, dès que le couple eût divorcé.

A peine se terminent les festivités du mariage que survient une femme, Marca, sortant d’une gondole, la tête recouverte d’un voile. Une situation pénible s’installe entre les protagonistes : Marca, sa première épouse, ne sait pas que Paolo s’est remarié et le somme de renvoyer Agata. Paolo répond qu’il ne lui doit rien puisque le divorce a été prononcé. Marca est désespérée, elle crie à la vengeance et veut tuer Agata avec un sabre, mais Paolo s’interpose. Dans un moment d’exaltation, Marca exprime sa passion toujours vive, avertit le couple qu’elle va se sacrifier : elle se tue devant la foule.