Citations bien utiles

Le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin.

Voltaire, Candide, conclusion, Genève, 1759

Cette réflexion percutante rejoint – bien involontairement  – l’esprit de la règle de Benoît de Norcia (Ombrie) fondant la vie monastique médiévale :

L’oisiveté est ennemie de l’âme. Les frères doivent donc à certains moments s’occuper au travail de mains et à d’autres heures déterminées s’appliquer à la lecture des choses de Dieu. (Chapitre 48).

__________________________________________________________________

L’art naît de contraintes, vit de luttes et meurt de liberté

André Gide, Nouveaux Prétextes, Paris, 1921

On connaît le lien intellectuel réunissant l’auteur français au grand poète, peintre et penseur hindou de Calcutta, Rabindranath Tagore, qui écrivit tant en bengali qu’en anglais.

Arbres, éternels efforts de la terre pour parler au ciel qui l’écoute. (Extrait des Lucioles)

____________________________________________________________________

Méditation pour Noël 2020

Nous n’avons pas reçu la bonne nouvelle,

Nous n’étions pas présents au bon moment.

Horizons sans aurore, vents menteurs,

Sols dérobés, ports éclatés.

Mais le chemin du pauvre d’à côté a croisé le mien,

Une lumière a brillé dans ses yeux quand je lui ai tendu la main.

Il m’a dit : Dieu m’a promis une belle rencontre,

C’est lui mon espoir, c’est toi mon frère.

Je suis comme un nouveau-né que ses parents veillent,

Tu es comme un souffle de réconfort,

Nous sommes réjouis par tout ce qu’un Dieu ami

Nous accorde en cette nuit.

______________________________________________________________________

Voeux pour l’Epiphanie 2021

Mes voeux pour que ces Rois Mages en marche vers l’inconnu qui les attend en 2021, pourtant pleins d’espoir et sûrs d’eux avec  leurs couvre-chefs / pare-feux, sortis d’un désert imaginaire, nous aident à trouver notre route vers les cimes artistiques !


Triptyque pour Michaël

  1. Michaël Curti juillet 1982 – mars 2021

Un frisson parcourt la neige fraîche, elle accueille le sable du désert quand celui-ci vient jusqu’à nous.

Un décor somptueux pour notre fils Michaël, 38 ans, qui n’est jamais revenu de sa randonnée en raquettes, près du lac noir au-dessus de Chandolin (Val d’Anniviers, Valais).

Cela est arrivé il y a quelques jours déjà, mais les besoins de l’enquête avec la police de Sierre, les recherches avec les guides et l’hélicoptère, la grande tempête qui s’est abattue sur cette région dès le lendemain de sa course en solitaire font que nous avons gardé le silence, cessé provisoirement les recherches.

Car son corps n’a pas encore été retrouvé. Il repose désormais dans un grand linceul blanc, mais son âme a rejoint son Dieu si ardemment désiré. Il nous faudra attendre de retrouver les traces du sable sur la neige pour reprendre les recherches, dans un mariage tellement irrationnel, simplement beau. 

Ces traces expriment les recherches passionnées de Michaël, commencées durant ses très nombreux voyages, avant ses années au Séminaire de Fribourg, son master en théologie, son action au Liban, en Ethiopie et tout récemment via internet depuis la Suisse. Son voyage en Algérie (voir sa participation importante au livre sur les moines de Tibhirine, Parole et Silence, Fribourg 2017), lui qui vivait de plus en plus comme un moine, l’a amené à mettre en pratique l’injonction du Pape François « tous frères », figure prophétique qui l’a fortement interpellé.

Le sable a rejoint la neige sur un champ des anges, qui chantent un doux hommage. 

Pace e bene.

L’oratorio du coucher au lever à créer cet automne prend d’un coup une résonance très directe, qui nous met en face de nous-mêmes sans fioriture.

Si vous pouviez voir la région où son corps repose sous des mètres de neige, vous seriez comme nous saisis d’un sentiment de paix, loin des bruits du monde, proche du service de Dieu.

Claire, Nicolas, Olivia et Dominique, Benjamin et Gersende, leurs enfants, Chantal, Arturs et les nombreux proches de Michaël se joignent à moi pour un salut fraternel.

JMC

2. A la recherche de Michaël

Le milan dit à l’archange : 

Dans mes montagnes paisibles

Il n’y a jamais de dragon.

Cherche dans tout ce qui change,

Chez l’homme du bas, risible,

Dans l’ombre noire de l’agon.

Moi, libre chanteur du soleil,

Des astres en chemin, pareil

Au lac sans lumière tendre,

Dès avant de vous le rendre,

Je l’ai cherché, humé, happé,

Votre Prométhée du Tsapé.

JMC-31 mars 2021

3. 9 mois plus tard – Pace e bene ou un frère parmi les frères

Se sentir proche d’un autre est un sentiment étrange.

Vivants, nous sommes en lutte incessante,

A peine nés, il nous faut batailler,
Puis il faut supporter,
Enfin, il faut céder.

Mais il ne s’agit que de soi-même.

Vient le jour où je prends conscience que quelqu’un d’autre compte dans ma vie. Ce quelqu’un peut devenir un autre, inconnu, ami, ennemi.
Cet autre peut être un miroir – pauvre de moi !
Cet autre peut être la suite de moi : j’en puis être fier ou agacé.

Vient le jour où l’autre disparaît :
C’est une partie de moi que je ne sens plus,
L’autre se révèle ne pas être celui que j’avais ressenti.
Mais non ! C’est un vide sidéral que le souvenir ne comble pas.

Mais Toi, Tu es là, fidèle et souriant.
Ta bonté fut sans faille chaque fois que je t’invoquais.

Le fils est parti mais Tu restes proche de nous,

Etrange impression de vide et de plein.

Bientôt la paix à mon tour, déjà ici le bien que je reçois tous les jours.

Tu es mon Dieu, tu es aussi mon frère,
Parmi les frères.
Pace e bene.